Apres le BAM

[suite à un souci technique, je ne pourrais pas mettre de photos sur certains posts avant mon retour à Tomsk. Désolé ! Mais j’en profiterai pour décrire un peu plus les endroits, et je laisse votre imagination faire le travail ! ]

Arrivé à Tynda, plusieurs choix s’offrent à vous : continuer jusqu’à Komsomol-na-Amure avec le BAM, rejoindre l’Amur à la frontière chinoise en prenant plein Sud, ou aller au Nord.

Pour aller au Nord, un seul chemin : passer par Neryungri. Cette ville, dont le nom n’est pas russe (il ne se décline pas selon les cas de la grammaire russe), est le point d’entrée d’un endroit tel, qu’il y en a point comme celui-là : la Yakoutie. Cette région est extrême : de -60 l’hiver à +40 degrés (°C) l’été, ses trois millions de km2, son million de rivières et son million de lac sont partagés par son petit million d’habitants, qui provient de plusieurs ethnies différentes, sans compter les russes (qui y sont en minorité) et les autres immigrants.

On peut s’en douter, voyager dans de telles conditions est difficile : les routes sont mauvaises, peu peuplées, et, surtout, vide : si vous tombez en panne en hiver, il se peut que personne ne vous trouve avant que vous ne mourriez de froid. (!) La route principale est celle qui relie Yakutsk, la capitale, à Neryungri, et par conséquent au reste du monde. C’est par cette route que je vais continuer mon voyage.

Dès sa sortie du train, le voyageur est accueilli, ou plutôt assailli par les chauffeurs de taxi-minibus qui vous amènent à Yakutsk. Les bus attentent sur le parking de la gare, dans le froid, le brouillard et la nuit (il fait pas jour longtemps à de telles latitudes en hiver), on a pas envie de traîner, on prend le premier qui vient. On part. La ville n’est pas bien grande, on est vite sorti. La route est longue, il est passé minuit depuis longtemps, mais personne ne dors : tous regardent la nature qui nous entoure. Des forêts de sapin interminables, posées sur des collines, entrecoupées de rivières, parfois moins denses dans les zones marécageuses. On ne pense plus, la fatigue du voyage faisant son effet, et on se laisse guider par la route, la seule, qui traverse ce désert de froid. Tantôt droite, tantôt sinueuse, tantôt lisse, tantôt caillouteuses, on y croise de temps en temps une autre voiture en face, ou des camions garés sur le bord, moteur fonctionnant pour éviter à la mécanique de se geler, et au chauffeur aussi. On finit quand même par s’endormir, à la faveur du chauffage à plein régime et d’une portion de route confortable.

Le lendemain, on se réveille assez vite, sur un soubresaut ou l’autre de la route. Le paysage a peu changé : les forêts, le froid, les collines, les rivières, tout est toujours là, mais illuminé par un soleil seul dans le ciel bleu. Dans notre minibus chauffé, avec des doubles vitrages et des tapis partout, on en finirait presque par oublier la température extérieure, qui tourne autour des -40 °C. Le voyage se poursuit sans encombres, avec une pause dans un restoroute (comment sont-ils arrivés ici ?) qui nous rappelle le froid mordant qui règne à l’extérieur. Les kilomètres restants sont indiquées sur le bord de la route, et descendent lentement, mais sûrement. Vers Yakutsk -30 kilomètres, le ciel se couvre. Quelques villages sur la route rendent la circulation un peu plus dense. Le chauffeur commence à parler de l’arrivée : je vous dépose où ? Puis quelqu’un pose la question que tous se posent : comment va-t-on traverser la rivière ? En effet, Yakutsk est située de l’autre coté de la Léna, une rivière de près de 4 kilomètres de large. Le pont qui doit la traverser est en projet depuis l’époque soviétique, mais les conditions de constructions locales difficiles et son coût excessif (on parle de 18 milliards de dollars) ont toujours empêché sa construction. Le chauffeur nous explique que la rivière a gelé en septembre déjà, et que dès novembre on a ouvert la route sur la glace qui permet à tout les véhicules de la traverser (camions compris !).

On finit par arriver à la rivière : on y distingue à travers le brouillard une piste bleue, couleur de la glace, au milieu du blanc neigeux. Une fois sur la piste, on y voit une grande strie au milieu. Le chauffeur nous dit de ne pas s’inquiéter, que la glace fait au moins un mètre d’épaisseur à cet endroit. La piste est longue, près de 16 kilometres, et slalom, parait-il, pour passer par les endroits sûrs, là où la glace est épaisse ou là où une île se trouve. Arrivé à la fin du parcours, un curieux demande si la glace se brise parfois. « Chaque année des gens se tuent en coulant avec leur voiture. Mais c’est parce qu’il ont roulé au début, avant que la piste soit ouverte au trafic. » Ça rassure…

[ edit 10 mars 2012 : J’ai reçu mes photos par la poste ! Les voilà ]

La nuit, des bus et des gens attendent

Devant la gare de Neryungri, en pleine nuit

 

une longue route, de la forêt autour...

La route pour Yakutsk

 

Nous croisons un camion

On croise parfois quelqu'un sur la route, ça rassure

 

Sur la glace

On entre sur la Léna, sur la route de glace

 

encore sur la glace

Encore sur la glace, juste pour le plaisir ^^

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