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Nature russe

Ca y est, le printemps est arrivé ! Enfin ! Après ce long hiver, tout le monde se précipite dehors à la moindre minute de libre pour aller prendre le soleil, on est tout excité, bref, le bonheur. Mais ça n’a pas été sans mal.

Dans le calendrier des saisons russe, le printemps commence le premier mars. Pourquoi se compliquer la vie à le mettre au milieu d’un mois ? On a effectivement eu un premier réchauffement début mars, à tel point que la neige avait presque partout fondu le 8 mars, jour de la fête de la femme (jour férié hyper important en Russie). Chouette, me disais-je. Mais c’était sans compter sur la ténacité de l’hiver. Deux jour après, en sortant de mon foyer en baskets et veste de printemps, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir 10 cm de neige fraîche dehors, et des température de -5 °C. Zut. Mais il fit chaud l’après-midi, et cette neige fraiche se transforma en papotche (terme vaudois s’il en est, mais j’ai aucune idée comment ça s’appelle en bon français, excusez), qui se transforma en glace la nuit suivante. Rebelote trois fois de suite. Et c’était devenu une vraie aventure que de se déplacer, même à pied, sur les trottoirs qui maintenant ressemblaient à ça

Une rue au printemps

Une rue au printemps. Sous 2 cm d'eau, de la glace lisse

 

Du coup, lorsque début avril sont arrivées de douces températures annonciatrices du printemps, j’y croyais plus. Et pourtant. La neige a maintenant fondu, et tout ressemble au printemps. A tel point qu’il a fait +20 °C aujourd’hui ! Premièrement, le printemps, est, en Russie plus qu’ailleurs, la saison de l’amour (des amours ?). On trouve partout des couple de tout âge se baladant main dans la main, tout le monde parlent d’amour, les filles redoublent de maquillage et autres minijupes, et les garçon n’en ratent pas une pour se faire remarquer, parfois lourdement (surtout avec les copains, et c’est parfois franchement drôle 🙂 ). De manière générale, on passe tout sont temps libre dehors, comme ici sur la place Novosobornaya

Place Novosobornaya

Un mardi après-midi sur la place Novosobornaya

 

Un enfant dans le parc

En avril, n'ôte pas un fil...

 

Un motard en train de méditer

La première sortie de l'année

 

Mais le printemps, c’est aussi le réveil de la nature. Les premiers bourgeons sont sur les arbres, les fleurs sont sorties de terre et les animaux d’hibernation.

Les premières fleurs du printemps

Les premières fleurs du printemps. Ça a beau ressembler à des pissenlit, ça n'en est pas, et je ne sais pas ce que c'est 😦

 

Un écureuil

Un écureuil. Ils sont nombreux dans tout les parcs publics, et peu craintifs. Certains n'hésitent pas à venir voler votre pic-nic !

 

Et la tom’, que devient-elle dans tout ça ? Simple : elle a fondu. Enfin, presque

La tom' au printemps

La tom' au printemps

 

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Le week-end passé, nous sommes allés voir un lieu unique, paraît-il, dans toute la Sibérie : les talovskie chashi. Pas loin de Tomsk, au milieu de la forêt, se trouvent des sources d’eau thermale. C’est d’autant plus étonnant que ce genre de sources se trouvent en général en montagne, et surtout pas au milieu de l’immense plaine toute plate sibérienne.

Je me suis tout de suite posé les questions d’usages pour un étudiant sérieux : d’où vient la pression hydrostatique qui permet à ces eaux de remonter à la surface ? En général, d’eaux souterraines situées en amont, d’où la présence souhaitée d’au moins une colline dans les environs. Mais ici, rien. Et qu’est-ce qui a créé les conduites souterraines permettant à cette eau de remonter des profondeurs ? De nouveau, un relief accidenté est en général la réponse. Mais ici, rien de tout cela. Oh, on trouve bien quelques petites pentes, mais rien de suffisant. De plus, les sources se trouvent en haut des pentes ! Après avoir goûté l’eau, on comprend mieux : elle contient plein de minéraux différents et beaucoup de gaz carbonique. Une telle eau a passé un bon moment sous terre à des endroits bien profonds, et vient donc sans doutes de loin. Peut-être, vu la topographie de la région, d’eaux infiltrées dans les massifs de l’Altaï, mais ce n’est qu’une hypothèse personnelle.

Cependant, ces quelques questions n’étaient pas le but de notre promenade, et nous avons profité sans vergognes de la superbes nature sibérienne encore endormie sous la neige, comme ici

un pré sibérien

Un pré sibérien, sur le chemin des chashi

 

la source principale

La source principale. Elle fait deux mètres de long et ne gèle pas l'hiver

 

un pic-nic

Les talovskie chashi sont un lieu apprécié des locaux. On y vient, à l'image de ces amis, des habitués, "se ressourcer loin de la civilisation" ...

 

La forêt sibérienne

... et le lieu s'y prête d'ailleurs assez bien

 

un repas

Un repas entre copains : de la bouillie, des oignions et l'inévitable support de l'amitié, la vodka !

 

Bonus : les routes en Russie sont connues pour être vraiment mauvaise (j’en parlais il y a quelques mois). Du coup, lorsque chemin il y a, fût-il de fer, tout le monde en profite.

le chemin de fer

Le plus pratique des sentiers. Attention tout de même à ne pas se tordre une cheville !

La rivière Tom' vue de Lagernyy sad

La Tom' vue de Lagernyy sad

 

Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais à Tomsk, il y a une rivière : la Tom’. Comme vous vous en doutez, c’est elle qui a donné son nom à la ville. En quête de photos pour écrire un tout autre article sur ce blog, j’y suis passé l’autre jour, et ce que j’ai vu mérite un article à part entière. C’est parti.

En Sibérie, l’hiver est rude. Très rude. A tel point que la plupart des rivières gèlent. Je me rappelle avoir vu ça en Suisse aussi, et je me rappelle tout autant de l’interdiction formelle de mes parents d’aller marcher dessus. « Il y a 30 ans, la dernière fois que la rivière a gelé, un homme a marché dessus. La glace a craqué, le courant l’a emporté, on l’a jamais retrouvé. » Brr… Même dans l’orgueil de mes six ans, ça m’avait tellement refroidit que je n’ai jamais osé tenter le coup. Rien de tout ça ici : nombreuses sont les traces de pas, de skis, voire de … camions (mais ailleurs, plus au Nord, pas ici). Même si je crevait d’envie de la traverser en voyant ça, c’est quand même avec un peu d’appréhension que je me suis lancé. Trois petits pas, puis un gros saut pour vérifier que ça tienne. Trois petits pas, et rebelote. C’est bon, ça tient, on y va.

Je ne suis pas le premier ici. Ces grandes étendues plates de neige poudreuses ont fait le bonheur de quelques « motoneigeards », et aussi de skieurs, voire de simples baladeurs (j’y reviendrai plus loin)

Des traces de motoneige

Des traces de motoneige

 

Un tag sur une pile de pont

L'été, vous vous demandiez comment ces tags avaient pu apparaître ? Vous avez la réponse ...

 

Mais le clou du spectacle, ça reste la nature elle-même. En fait, la glace n’est pas plate du tout : la rivière est pleine de bosses, qui sont en fait des endroit où plusieurs plaques de glace se chevauchent. En effet, la glace se forme à partir des bords, alors qu’au centre le courant reste fort. Du coup, les premiers blocs de glace se détachent et suive le courant, puis s’assemblent avec d’autre blocs pour reformer une couche solide, qui se recasse, etc… Du coup, on y trouve des « collines » comme celle-ci

Une colline de glace

Une colline de glace. Ça a l'air de rien vu d'ici, mais ça fait jusqu'à 1m50 de haut !

 

Une fois sur l’autre rive, on y découvre un phénomène particulier : la cryosuccion. La glace absorbe une partie de l’eau des sols, puis le reste finit par geler, ce qui fait que le sable des bords de la rivière paraît tout sec et est dur comme du béton ! On en profite pour admirer les couches de déposition sur le bord de la rivière.

Des couches de sable

Les berges de la Tom'

 

De la glace

La cryosuccion même : la glace est sortit du sable et forme des gros boudins à l'air libre

 

Une flaque d'eau sur la rivière

Attention où vous mettez les pieds ! La glace n'est pas non plus présente partout ...

 

Bonus : l’hiver n’empêche pas les russes d’être romantiques 🙂

C'est écrit "J'aime Katia" sur la glace, en traces de pieds ^^

"J'aime Katia", et il veut que ça se sache ^^

 

Le vide

Le vide

Les seuls signes de présence humaine dans ce désert glacé sont les arrêts tout les cinq heures environ dans des petites villes de 20 000 habitants. Il y fait particulièrement froid, avec des températures de -40 °C ! Ce qui n’empêche pas les locaux de monter des stands de vente avec de la nourriture pour les voyageurs, et lesdits voyageurs de sortir en pantoufles et manteau pour faire leurs courses. A chaque long arrêt, les cheminots cassent la glace sur les sorties des sanitaires à la hache, alors que d’autres refont le plein de charbon pour le chauffage du wagon.

Un train, une gare, du froid

Un arrêt en gare

 

On trouve parfois une cabane de survie, sans doute pour des chasseurs ou des employés du train. Elles sont toutes directement à côté de la voie ferrée.

une cabane

Une cabane dans la forêt

 

Bonus : un petit clin d’oeil à un sujet qui en mériterait plus (je n’ai pas eu le temps d’approfondir) : saviez-vous que le bloc communiste avait aussi son Israel, soit une terre d’accueil du peuple Juif et de sa culture ? Cet « oblast autonome juif », situé pas loin de Khabarovsk, a été créé par les Soviétiques, pour remplir un point de leur programme : la loi stipulait que toutes les ethnies de l’URSS avaient droit à un territoire propre. Seulement, les Juifs, ethnie reconnue, étaient dispersés sur tout le territoire, et majoritaire nul part. De plus, le sionisme était rejeté des soviétiques car jugé « bourgeois ». On créa donc cet oblast en 1934 dans un endroit désert à coloniser, pour ne pas prendre des terres en Russie de l’ouest, alors déjà surpeuplée, avec non seulement l’objectif idéologique de prouver que le socialisme pouvait aussi fournir une alternative au sionisme, mais aussi de renforcer une région frontalière avec la Chine alors vulnérable. On en profita pour ainsi exiler « en douce » les intellectuels juifs, trop ouverts sur le monde et pas assez convaincu du communisme. Si le projet a connu des hauts et des bas, il fait aujourd’hui définitivement partie du passé, mais a laissé des traces, comme le nom de la gare

inscription bilingue russe-yiddish

La gare de Birobidjan

La région entourant Vladivostok s’appelle le Primorskiy Kray (ou à peu près). Cette région profite d’une nature éblouissante, parait-il : je n’aurai pas l’occasion de vérifier. Mais je sais qu’on y trouve entre autres des ours bruns et noirs, le tigre de l’Amour (du nom du fleuve), le lynx, un extrêmement rare léopard des neiges, et encore d’autres animaux plus « communs », comme les cerfs et les élans. Les plantes sont aussi particulières, avec des pins coréens, et d’autres arbres propres à la région.

Mais le plus intéressant est la mer. Vladivostok n’est pas située directement sur l’océan pacifique, mais sur la mer du Japon, c’est-à-dire la mer qui sépare le Japon de la Corée. Cette mer est le point de rencontre d’un courant marin chaud venu des philippines et d’un courant froid venu de la mer de Barens. La rencontre de ces courants a permis une explosion du nombre d’espèces, dont certaines sont uniques. On y trouve tout autant des récifs coralliens que des phoques ! Sont également présents les pieuvres, les crabes, et beaucoup de sortes de poissons (je ne suis pas vraiment un spécialiste pour vous en dire plus 😦 désolé). Mais, contrepartie de la diversité, cette mer est peu productive et les stocks de poissons doivent être bien gérés et conjointement.

L’autre particularité de cette mer est qu’elle gèle en hiver. Elle fait alors la joie des locaux et le malheur des marins, qui se voient obliges de suivre des « canaux », où la glace est plus tendre, et qui sont « recreusés » à intervalles réguliers par des bateaux spécialisés

des pecheurs

Ici, des amateurs profitent de la glace pour passer leur journée de congé à la pêche

un bateau empetré dans la glace

Là, un bateau lutte contre la glace pour démarrer

[suite à un souci technique, je ne pourrais pas mettre de photos sur certains posts avant mon retour à Tomsk. Désolé ! Mais j’en profiterai pour décrire un peu plus les endroits, et je laisse votre imagination faire le travail ! ]

Arrivé à Tynda, plusieurs choix s’offrent à vous : continuer jusqu’à Komsomol-na-Amure avec le BAM, rejoindre l’Amur à la frontière chinoise en prenant plein Sud, ou aller au Nord.

Pour aller au Nord, un seul chemin : passer par Neryungri. Cette ville, dont le nom n’est pas russe (il ne se décline pas selon les cas de la grammaire russe), est le point d’entrée d’un endroit tel, qu’il y en a point comme celui-là : la Yakoutie. Cette région est extrême : de -60 l’hiver à +40 degrés (°C) l’été, ses trois millions de km2, son million de rivières et son million de lac sont partagés par son petit million d’habitants, qui provient de plusieurs ethnies différentes, sans compter les russes (qui y sont en minorité) et les autres immigrants.

On peut s’en douter, voyager dans de telles conditions est difficile : les routes sont mauvaises, peu peuplées, et, surtout, vide : si vous tombez en panne en hiver, il se peut que personne ne vous trouve avant que vous ne mourriez de froid. (!) La route principale est celle qui relie Yakutsk, la capitale, à Neryungri, et par conséquent au reste du monde. C’est par cette route que je vais continuer mon voyage.

Dès sa sortie du train, le voyageur est accueilli, ou plutôt assailli par les chauffeurs de taxi-minibus qui vous amènent à Yakutsk. Les bus attentent sur le parking de la gare, dans le froid, le brouillard et la nuit (il fait pas jour longtemps à de telles latitudes en hiver), on a pas envie de traîner, on prend le premier qui vient. On part. La ville n’est pas bien grande, on est vite sorti. La route est longue, il est passé minuit depuis longtemps, mais personne ne dors : tous regardent la nature qui nous entoure. Des forêts de sapin interminables, posées sur des collines, entrecoupées de rivières, parfois moins denses dans les zones marécageuses. On ne pense plus, la fatigue du voyage faisant son effet, et on se laisse guider par la route, la seule, qui traverse ce désert de froid. Tantôt droite, tantôt sinueuse, tantôt lisse, tantôt caillouteuses, on y croise de temps en temps une autre voiture en face, ou des camions garés sur le bord, moteur fonctionnant pour éviter à la mécanique de se geler, et au chauffeur aussi. On finit quand même par s’endormir, à la faveur du chauffage à plein régime et d’une portion de route confortable.

Le lendemain, on se réveille assez vite, sur un soubresaut ou l’autre de la route. Le paysage a peu changé : les forêts, le froid, les collines, les rivières, tout est toujours là, mais illuminé par un soleil seul dans le ciel bleu. Dans notre minibus chauffé, avec des doubles vitrages et des tapis partout, on en finirait presque par oublier la température extérieure, qui tourne autour des -40 °C. Le voyage se poursuit sans encombres, avec une pause dans un restoroute (comment sont-ils arrivés ici ?) qui nous rappelle le froid mordant qui règne à l’extérieur. Les kilomètres restants sont indiquées sur le bord de la route, et descendent lentement, mais sûrement. Vers Yakutsk -30 kilomètres, le ciel se couvre. Quelques villages sur la route rendent la circulation un peu plus dense. Le chauffeur commence à parler de l’arrivée : je vous dépose où ? Puis quelqu’un pose la question que tous se posent : comment va-t-on traverser la rivière ? En effet, Yakutsk est située de l’autre coté de la Léna, une rivière de près de 4 kilomètres de large. Le pont qui doit la traverser est en projet depuis l’époque soviétique, mais les conditions de constructions locales difficiles et son coût excessif (on parle de 18 milliards de dollars) ont toujours empêché sa construction. Le chauffeur nous explique que la rivière a gelé en septembre déjà, et que dès novembre on a ouvert la route sur la glace qui permet à tout les véhicules de la traverser (camions compris !).

On finit par arriver à la rivière : on y distingue à travers le brouillard une piste bleue, couleur de la glace, au milieu du blanc neigeux. Une fois sur la piste, on y voit une grande strie au milieu. Le chauffeur nous dit de ne pas s’inquiéter, que la glace fait au moins un mètre d’épaisseur à cet endroit. La piste est longue, près de 16 kilometres, et slalom, parait-il, pour passer par les endroits sûrs, là où la glace est épaisse ou là où une île se trouve. Arrivé à la fin du parcours, un curieux demande si la glace se brise parfois. « Chaque année des gens se tuent en coulant avec leur voiture. Mais c’est parce qu’il ont roulé au début, avant que la piste soit ouverte au trafic. » Ça rassure…

[ edit 10 mars 2012 : J’ai reçu mes photos par la poste ! Les voilà ]

La nuit, des bus et des gens attendent

Devant la gare de Neryungri, en pleine nuit

 

une longue route, de la forêt autour...

La route pour Yakutsk

 

Nous croisons un camion

On croise parfois quelqu'un sur la route, ça rassure

 

Sur la glace

On entre sur la Léna, sur la route de glace

 

encore sur la glace

Encore sur la glace, juste pour le plaisir ^^

[ j’utilise un clavier russe, excusez pour les accents ! ]

En russe, une « Magistrale » n’est rien d’autre qu’une ligne de train. Et elles portent bien leur nom. En poursuivant mon voyage, j’ai quitté le transsibérien pour une autre ligne plus au Nord et parallèle, qui quitte le transsibérien peu après Krasnoiarsk à l’est, passe au Nord du lac Baikal (par Severobaikalsk, en fait), et va…nul part. Oh, elle rejoint bien l’océan Pacifique, mais la plupart des villes ont ete construite à partir de rien « parce que le train était la ». Du coup, elles ressemblent toutes à Severobaikalsk. Voici Tynda, noeud ferroviaire au milieu du trajet, et « capitale » officieuse de la ligne

Tynda-city, vu de loin

la ville de Tynda, vue de loin

La gare, quand à elle, ressemble plus de l’extérieur à une base de lancement de fusée qu’à une sympathique gare de voyageurs

La gare de Tynda

La gare de Tynda

Cette simple voie a mis plus de 60 ans à être construite, et, même si l’inauguration officielle date de 1974, les aménagements furent nombreux après (tunnels, arrêts supplémentaires, connexions avec le transsibérien…)

Le gouvernement soviétique a décidé de construire cette ligne dans les années 20, comme alternative au transsibérien, trop vulnérable à cause de sa proximité avec la Chine (en cas de guerre). La ligne s’est construite par étapes, avec un arrêt notable de vingt ans après la mort de Staline. Le chantier a repris dans les années 70, pour exploiter les ressources minérales du Nord et pour la propagande soviétique (le chantier fut d’une ampleur exceptionnelle pour l’époque). Fait intéressant, si le chantier fut commencé par des prisonniers du goulag et des soldats fait prisonniers (et fait environ 10000 morts), la reprise dans les années 70 a employé les jeunesses communistes, le Komsomol, et une ville leur est dédiée à la fin de la ligne, Komsomolsk-na-Amure. La propagande soviétique eut fort à faire pour attirer des volontaires dans ces régions sauvages et polaire : la plupart de la ligne est construite sur le « permafrost », un sol perpétuellement gelé sur plusieurs centaines de mètres : difficile aa creuser, et bouge énormément l’ete, lorsque la couche superficielle fond.

Bon, malgré ces aspects « impressionnants », le voyage fut plaisant, avec, comme d’habitude, d’excellentes rencontres avec des gens intéressants, et, pour les yeux, de sublimes paysages

montagne, neige, riviere... c'est beau

Des paysages montagneux avant Severobaikalsk

Le port de Severobaikalsk

Le train longe le lac Baikal sur une vingtaine de kilomètres, ici avec une vue sur le port gelé de Severobaikalsk

De la forêt

Après le lac Baikal, la forêt

Une riviere, de la foret...

Le paysage redevient un peu plus varié par la suite

Une dernière anecdote : ici, il fait vraiment froid. Je ne dis pas ça seulement à cause du cantonnier qui fut notre voisin entre deux arrêts dans le train et qui nous a assuré qu’il faisait – 40 à Tynda le matin, mais aussi parce qu’en y arrivant, la température indiqué par la gare était « réfrigérateurique » : -33 degrés ! (Celsius, s’il vous plaît !)